Thierry Danet, Directeur d’Artefact, de La Laiterie et d’Ososphère

Voilà un homme qui n’a jamais hésité à mouiller le costume (qu’il porte au quotidien) pour porter les couleurs de Strasbourg. Ses sujets de prédilection ? Les arts numériques, les arts tout court, la musique bien sûr mais aussi la ville, concept qu’il interroge régulièrement : quelles constructions ? Quels avenirs ? Quels habitants ? Quels espaces publics ?

Pourquoi êtes-vous resté à Strasbourg ?
C’était une ville-étape d’une itinérance familiale, j’y suis arrivé quand j’avais 15 ans. J’ai choisi d’y rester – un vrai acte – alors que l’année d’après, cette itinérance familiale s’est poursuivie. Ça fait désormais 35 ans que je suis à Strasbourg.

Au regard de votre métier, en quoi Strasbourg est-elle The place to be ?
Je ne sais pas si Strasbourg est le lieu où il faut être, mais c’est en tout cas le lieu où on peut “faire” et ça c’est une des logiques importantes de cette ville. C’est une ville de constructions, et dans les logiques qui sont celles de mon métier, la construction est un élément déterminant.

Si vous deviez résumer Strasbourg en trois mots ?
Je choisirais paradoxale, émouvante et persistante. Puis trois autres : paysage, brique et égrégore.

Quelles valeurs incarnées par Strasbourg correspondent le mieux à votre personnalité ?
Je me retrouve dans la dimension paradoxale de Strasbourg, parce que pour moi, le paradoxe est une dynamique, sauf jusqu’à venir à la contradiction qui est un point bloquant. C’est une dynamique de vie.

Qu’est-ce qui ne cesse de vous émouvoir à Strasbourg ?
C’est à la fois la persistance des choses qui nous lie à des gens qui ont vécu très longtemps avant nous et d’autres qui vont vivre très longtemps après nous et en même temps, une perpétuelle dynamique de formation.

Un temps fort vécu à Strasbourg ?
J’ai envie d’en choisir un, relativement récent, qui est ce moment où avec l’Ososphère nous avons participé au passage du Rhin, et donc à ce passage de la frontière, lorsque la ligne de tram qui conduit à Kehl a été ouverte. Très naturellement, les gens ont emprunté ce chemin à pied et sont passés de part et d’autre de la frontière avec un naturel qui était particulièrement émouvant. Au moment même où la notion de frontières est réinterrogée.

Lorsque vous recevez des visiteurs, quelle image ont-ils de Strasbourg a priori et qu’en pensent-ils une fois qu’ils l’ont découverte ?
L’une des choses qui fascine et qui enthousiasme les visiteurs avec lesquels j’arpente Strasbourg, c’est à la fois cette idée de persistance, d’appétence à la modernité. Cette combinaison où le nouveau n’oblitèrerait pas l’ancien.

En quoi Strasbourg incarne-t-elle l’optimisme ?
C’est une ville où l’on sent que les choses ne sont pas là tout à fait par hasard.

Strasbourg à pied, à vélo, à trottinette, en tram, en bus ?
Strasbourg est une ville merveilleuse à arpenter à pied, dans une logique situationniste, mais c’est aussi une ville où on peut merveilleusement bourlinguer à vélo. Elle propose aussi de beaux travellings : que ce soit par le tram ou par voie d’eau.

Votre parcours idéal dans la ville ?
Mon parcours idéal dans Strasbourg c’est la bourlingue, la dérive urbaine.

Le meilleur endroit pour se ressourcer ?
Je ne sais pas si c’est le meilleur endroit pour se ressourcer, mais c’est un de mes endroits privilégiés que j’ai appelé le cap du pylône, au port du Rhin. Il se situe dans cette péninsule qui s’avance sur l’eau en face des grands moulins, à quelques encablures des malteries, de la Coop et du paysage portuaire, avec le port au pétrole qui se dévoile et les voies vers le Rhin.

Un dimanche matin idéal à Strasbourg ?
Sauf à haïr les dimanches, un dimanche matin à Strasbourg est un dimanche conversatoire, où l’on s’attable et où on se laisse aller à la conversation.

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