Elle s’appelle Alice Meteignier, elle est diplômée en illustration de la Haute école des arts du Rhin (HEAR) à Strasbourg et elle publie des dessins dans la presse et dans des livres pour enfant issus de son inspiration déstabilisante.

Cette illustratrice de talent surfe aujourd’hui à l’international où son travail est reconnu pour son attrait très décalé mais aussi instinctif. Il y a quelques mois, ces illustrations se sont même frayées un chemin de choix jusqu’à Manhattan.

Alice nous explique…

Ton travail est reconnu à l’international (Bologne, New-York, Osaka, etc.), comment s’est passée cette transition ?

J’en suis la première surprise, c’est arrivé progressivement, mon portfolio s’est étoffé d’illustrations publiées dans la presse (française) et je pense qu’Instagram à été un bon moyen pour diffuser mes dessins en dehors des frontières. Il me semble aussi facile de travailler avec des américains ou des japonais qu’avec des français, il suffit de s’échanger quelques mails, le dessin lui est universel et c’est bien là son pouvoir !
Pour Mailchimp, l’agence R/GA qui était en charge de la refonte du site m’a contacté parce que mon travail correspondait à la direction artistique qu’ils envisageaient pour ce projet.
Il était question de produire des illustrations « bizarres » ce qui est peu conventionnel pour de la pub et c’est ce qui me réjouissait. Les dessins qui leur avaient plu dans mon travail étaient des choses très lâchées, je n’imaginais pas que ce genre de dessins pourraient être compatible avec la pub.

Des livres jeunesse à la presse magazine, quelles sont tes sources d’inspirations dans ton travail d’illustratrice ?

C’est un mélange d’influences très variées, disons que pour les livres c’est l’art brut qui m’inspire, je ne pense pas à un artiste en particulier mais plus à une démarche qui tend à créer un univers très personnel. Je pense aussi à des illustrations anciennes où la technique d’impression est importante dans le rendu de l’image.
Disons que je suis souvent touchée par des choses qui comportent une sorte de décalage. Mais j’essaye de me distancier de mes influences quand je dessine, je trouve que ça bride la création.

Peux-tu nous parler un peu plus de ta démarche et des techniques que tu utilises ?

Mon travail part dans plusieurs directions parce que garder la même écriture graphique à chaque dessin m’ennuie. On m’a souvent dit que ça pouvait être déstabilisant mais je sais maintenant que ça peut aussi être un atout. Je considère l’outil comme très important et j’essaye de choisir pour chaque dessin, celui qui aura le plus de sens par rapport à ce que je veux dire dans l’image.
Pour la presse et les affiches, comme il s’agit de commandes je cherche à créer des illustrations efficaces avec une gamme de couleurs toujours vive. On doit pouvoir comprendre le dessin très vite.

Diplômée de la Haute école des arts du Rhin (HEAR) de Strasbourg, quelle a été ta motivation à y déménager ? 

Je suis venue à Strasbourg pour étudier dans cette école et c’était mon unique motivation, je n’y étais jamais venu avant.

On peut dire que le passage dans la ville de l’optimiste t’a été profitable… quel type d’optimiste es-tu ?

C’est à Strasbourg que mon dessin à grandi pour devenir mon métier en plus d’être ma passion, j’associerai toujours la ville à cette mutation. La Haute école des arts du Rhin a été un endroit parfait pour expérimenter et découvrir des techniques, c’est aussi un lieu où l’émulation entre les étudiants est très riche et essentielle au processus d’apprentissage.
Ce qui me rend optimiste, difficile à dire… sûrement l’inconnu !

Aurais-tu une devise à nous partager ? Qui pourrait rejoindre ton expérience à la HEAR et ton travail actuel d’illustratrice ?

Remplir chaque journée de l’exercice de sa passion est un bon programme…

 

Pour plus d’informations sur Alice : alicemeteignier.fr

Laetitia Koenig pour Europtimist. Crédit photo : Alice Meteignier